Wilfried Gleyo est instructeur fitness et coach carrière chez Jobifit. Il accompagne les candidats qui souhaitent se consacrer à une carrière sportive en suivant le CQP IF.
Qui est celui qui conseille et oriente les futurs instructeurs ? Quel est son parcours ? Comment perçoit-il son rôle ? Que recommande-t-il aux futurs candidats ? C’est tout cela que nous avons abordé avec lui.
Qui êtes-vous, Wilfried ? Quel est votre rôle chez Jobifit ?
Wilfried Gleyo : Je suis coach carrière chez Jobifit. Je suis là pour renseigner les personnes sur le CQP Instructeur Fitness de Jobifit. Je réponds aux questions, je repère les personnes intéressées, je rappelle les candidats potentiels. Je donne des informations sur le fonctionnement du parcours, les points à éclaircir avant une reconversion professionnelle, l’entrée en formation, le contenu du CQP, son déroulement (en semaine ou les week-ends), les options (« Cours collectifs » ou « Musculation / Personal Training »), les perspectives d’emploi…
Quel a été votre parcours ?
Moi-même, j’ai effectué une reconversion professionnelle vers le fitness. J’ai vécu ce que les candidats vivent. Je comprends donc ce qui se joue pour les personnes qui changent de vie : ça n’est jamais facile !
Je suis entré dans la vie professionnelle à 16 ans, après avoir été en échec scolaire et m’être tourné vers un CAP électricien. J’ai travaillé dans le bâtiment. En parallèle, j’avais une passion : être dans le partage, dans l’interaction avec un public. J’étais animateur de vacances et de soirée (DJ). C’est ce qui m’a relié au sport. Quand j’ai découvert les cours collectifs, notamment les programmes Les Mills, j’ai eu un déclic et j’ai pris goût au fitness. En 2013, j’ai suivi une prépa sportive à Lyon pour atteindre le niveau requis. Je suis retourné travailler sur les chantiers pendant un an pour financer ma formation, puis j’ai suivi un BPJEPS entre 2015 et 2016. (À l’époque, le CQP IF n’existait pas.) Mon objectif était d’avoir une carrière chez Les Mills. Je me suis investi, j’ai passé le casting Presenter en 2023 et j’ai finalement rejoint Jobifit comme intervenant jury lors des tests de sélection et/ou des examens finaux. Puis, en 2024, j’ai été recruté au poste de coach carrière. Je suis heureux d’être à une place où je peux partager quelque chose que j’ai vécu moi-même, être dans la transmission, et accompagner de futurs professionnels du fitness.
Quelles sont vos interactions avec les candidats ?
Dans un premier temps, j’explique et je renseigne. Pour les personnes qui veulent se lancer, je m’assure qu’elles aient bien conscience de ce dans quoi elles vont se diriger. Aimer le sport est une base indispensable, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi aimer l’enseigner, avoir un état d’esprit de coach. Coach sportif est un métier exigeant, il est important que les candidats soient alignés avec cela. C’est une profession qui demande beaucoup d’efforts, une vraie éthique et une exemplarité. Leurs futurs clients vont leur confier leurs corps, ils doivent donc être crédibles, mais aussi fiables, experts.
Avant les tests de sélection (que je supervise aussi), je vérifie que les candidats ont suffisamment de motivation. Ma démarche est de leur rendre service en leur posant les bonnes questions et en ne les poussant pas dans une voie qui, finalement, n’est pas faite pour eux. « J’aime le sport », ce n’est pas un argument abouti car ils peuvent aimer le sport sans vouloir l’enseigner et se lancer dans un CQP IF. Ce qui compte, c’est ce qui vient après, le « oui mais, qu’allez-vous en faire ? » C’est ça que je creuse avec eux.
Qui peut suivre la formation CQP Instructeur Fitness de Jobifit ?
Les sélections pour le CQP Instructeur Fitness de Jobifit sont accessibles à tout le monde, à condition d’être majeur. Il n’y a pas de diplôme exigé. On peut avoir été en échec scolaire et ne pas avoir eu le bac, ce n’est pas un frein. Ce qui compte, c’est la passion et la motivation. Si on les a, on peut y arriver, j’en suis une preuve vivante.
En quoi consistent (dans les grandes lignes) les sélections ?
Les sélections se font sur deux temps : des tests physiques pour vérifier que les personnes ont les prérequis sportifs pour intégrer la formation, et un entretien. En entretien, un jury de professionnels du fitness vérifie l’objectif du candidat, son parcours, ses attentes, sa pratique, mais surtout la faisabilité de son projet. Il s’assure que le candidat va bien être disponible pour suivre le cursus et que tous les feux sont au vert pour sa réussite. L’entretien permet de savoir s’il y aura besoin d’aménagements spécifiques afin que la personne suive au mieux la formation.
Quels conseils donneriez-vous à une personne qui envisage une reconversion professionnelle dans le fitness ?
Avoir la passion et pratiquer, c’est essentiel, mais pas suffisant. Il faut se projeter sur le pourquoi et le comment. La personne va-t-elle exercer de manière complémentaire à son job actuel ou en activité principale ? Est-elle sûre de pouvoir en vivre ?
J’ai tendance à recommander aux profils en reconversion la formation en format week-end, car elle permet de garder sa vie actuelle, d’y ajouter la nouvelle, et d’ajuster son équilibre. Ne pas tout quitter, mais procéder par étapes.
Après, ça dépend toujours des personnes et de leur situation. Certaines savent déjà qu’elles auront des clients ou un contrat à leur sortie de formation.
Y’a-t-il un âge ou un profil type pour devenir instructeur fitness ?
L’âge n’est pas un frein. Si on a cette âme de partager et d’apporter du bien-être aux autres, alors se reconvertir n’est pas une question d’âge, mais de passion. À 20 ans, un instructeur va avoir de la fougue, beaucoup d’énergie, et à 50 ans, il aura l’expérience. Quand on incarne la passion du fitness et de la forme, il n’y a pas d’obstacle. Je vois des personnes en fin de carrière, vers 55-60 ans, se former pour préparer différemment leur retraite. Elles ont pour projet de faire du sport avec des personnes de leur génération.
De plus en plus de personnes veulent prendre soin d’elles. Aujourd’hui, dans le fitness, on est moins dans l’idée d’aller « dans le dur », mais bien davantage dans celle de rendre les gens en forme. Cela, ça ouvre la voie à beaucoup de vocations, portées par des profils très divers.